Interviews

Découvrez les interviews des intervenants présent lors du colloque du 1er décembre 2016 intitulé « Mais que font les analystes du discours? »

 

 

Portraits chinois

Cette année nous voulions vous présenter les participants d’une façon plus originale.
Notre but : changer les codes !

Partout sur le web, vous trouverez des biographies professionnelles de nos intervenants mais vous trouverez moins d’informations plus personnelles, plus insolites et qui changent de l’ordinaire.
Chaque vendredi vous pourrez découvrir le portrait chinois de l’un d’entre eux !

Programme 7 avril 2016

Discours et Discriminations 

« Quels enjeux pour l’analyse du discours ? » Réflexion autour des discours contraints, des contre-discours, des discours radicalisants et déradicalisants.

Lieu du colloque : IUT de Cergy Pontoise, site de Sarcelles: 34 Bd Bergson, 95200 Sarcelles.

 

  • 9h15-9h30 :  Nathalie Garric, Julien Longhi, Georges-Elia Sarfati Introduction et présentation.

 

  • 9h30-10h15 : Ana-Maria Cozma, Université de Turku, laboratoire CoDiRé – L’argument de la peur.

 

  • 10h15-11h :  Laura Calabrese, Université Libre de Bruxelles, ReSIC- Le rôle des métadiscours dans la définition des problèmes publics. Le cas de migrant et islamophobie.

 

  • 11h30-12h30 : Table ronde, intervention de Frédéric Callens, de la direction de la ville et de la cohésion urbaine, Jean-Claude Vitran Président de la Fédération du Val d’Oise Ligue des Droits de l’Homme, Linda Ghemmour, responsable de l’Espace emploi de Sarcelles pour la Communauté d’Agglomération Roissy Pays de France, Malika Kachout, juriste spécialisée de la Mission Locale du Val d’Oise et le Collectif Fusion.

 

  • 14h-14h45 : Thierry Deshayes, Université Rennes 2, laboratoire PREFics -Analyse des discours normatifs, contre-normatifs, alternormatifs.

 

  • 14h45-15h30 : Albin Wagener, Université Catholique de l’Ouest, laboratoire CoDiRé – Europe, cultures et nations : analyse critique de discours du Conseil de l’Europe.

 

  • 15h45-16h30 : Arnaud Richard Université Montpellier 3, laboratoire Praxiling –De la déclaration officielle populiste racialisante aux échanges numériques haineux : l’intérêt d’une analyse du discours appliquée aux tensions entre Haïti et la République dominicaine.

 

  • 16h30-17h15: Abdelhadi Bellachhab, Université de Nantes, laboratoire CoDiRé – S’opposer pour se poser : l’univers discursif d’un tueur en série à travers ses correspondances.

 

  • 17h15-17h30  Conclusions et perspectives.

 

Avec le soutien de la Fondation de l’Université de Cergy-Pontoise, de l’Université de Cergy-Pontoise et de l’IUT de Cergy-Pontoise.

Comité scientifique du colloque : Nathalie Garric, Julien Longhi, Jeanne Meyer, Georges-Elia Sarfati

Responsable de l’organisation : Julien Longhi (julien.longhi@u-cergy.fr) et Jeanne Meyer

Temps forts du colloque  « Discours et Discriminations » , 7 avril 2016

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ANA-MARIA COZMA

« L’argument de la peur. »

De l’état d’urgence à la révision de la Constitution, en passant par la #DecheancePourTous : analyse des discours sécuritaires post novembre 2015.

Nous proposons une étude sur les discours officiels liés aux attentats de novembre 2015 et aux mesures de sécurité qui s’en sont suivies (état d’urgence, perquisitions, déchéance de nationalité, projet de loi constitutionnelle) : discours du Président de la République pendant et après les événements, discours du Premier ministre à l’Elysée et à l’Assemblée nationale, débats à l’Assemblée nationale visant la prorogation de l’état d’urgence et la « protection de la Nation ».

Au-delà des lieux communs caractérisant les discours sécuritaires, ses travaux se concentrent sur des formules correspondant à des arguments récurrents et structurants (tels l’unité/le rassemblement, l’exception en opposition avec la durée, ou encore la peur), à l’évolution et aux variations de fréquence de ces formules/arguments, et enfin, à la discrimination explicitée ou occultée dans ces discours. Par contraste avec les discours institutionnels, les discours des médias et des réseaux sociaux, notamment, donnent à voir ce dont s’emparent les citoyens, privilégiant certains éléments au détriment d’autre

 

Laura Calabrese
LAURA CALABRESE

« Le rôle  des  métadiscours  dans  la  définition  des  problèmes  publics.  Le  cas  de  migrant  et  islamophobie. « 

Dans  cette  communication, nous nous intéressons à la nomination d’acteurs et de problèmes publics. En  nous arrêtant sur des dénominations « problématiques » (en l’occurrence islamophobie, migrant/réfugié), c’est‐à-­dire qui sont débattues dans l’espace public, nous voulons mettre en avant le rôle des métadiscours dans la définition des problèmes publics. Si ces derniers sont souvent construits sur des événements (la guerre en Syrie, le déplacement des migrants, des agressions envers des musulmans), ils les dépassent pour constituer des problèmes à part entière qu’il faut nommer selon des routines propres au discours médiatique. Or, il  arrive que l’acte de nomination devienne problématique lorsque l’on constate un décalage entre les mots et les choses. Dans ces cas, les médias d’information, mais aussi les publics médiatiques, vont se mobiliser pour légitimer ou délégitimer certaines dénominations. En analysant les déclencheurs et les dynamiques de ces controverses sémantiques, nous aimerions montrer que les métadiscours révèlent l’instabilité des problèmes publics et, plus largement, des référents sociaux construits en discours. L’analyse du corpus montrera que l’emploi du métadiscours est distribué parmi les acteurs sociaux en fonction de leur positionnement idéologique. Ainsi, ceux qui sont pour l’accueil des réfugiés vont avoir un recours important au métalangage pour déconstruire les mots migrant/réfugié, de même que ceux qui défendent que l’islamophobie n’est pas du racisme mais une critique légitime de la religion vont décomposer le mot islamophobie voire proposer de nouvelles dénominations.

 

TABLE RONDE 

Débat et témoignages d’associations et du public sur les rapports entre discours et discriminations.

Frédéric Callens, Direction de la Ville et de la Cohésion Urbaine, Jean-Claude Vitran, Président de la Fédération du Val d’Oise, Ligue des Droits de l’Homme, Linda Ghemmour, responsable de l’Espace emploi de Sarcelles pour la Communauté d’Agglomération Roissy Pays de France, Malika Kachout, jusriste spécialisée de la Mission Locale du Val d’Oise, Collectif Fusion.

 

Thierry Deshayes

 Analyse des discours normatifs, contre-normatifs, alternormatifs

 

 

 

Albin Wagener
ALBIN WAGENER

« Europe, cultures et nations : analyse critique de discours du Conseil de l’Europe. »

Les livres blancs produits par le Conseil de l’Europe, lorsqu’il s’agit d’interculturalité, nous fournissent d’intéressants indices de la politique de l’Union Européenne. En évoquant le besoin de diversité culturelle, le Conseil de l’Europe semble en effet mettre de côté le rôle des Etats et de traiter les histoires nationales comme de simples spécificités communautaires, voire communautaristes. Le but de notre intervention sera, via l’analyse de discours, de partir à la découverte de ces discours dissimulés qui, derrière d’apparentes visées pédagogiques, révèlent certains desseins de l’élite bruxelloise.

 

 

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ARNAUD RICHARD

« De la déclaration officielle populiste racialisante aux échanges numériques haineux : l’intérêt d’une analyse du discours appliquée aux tensions entre Haïti et la République dominicaine. »

Nous proposons une étude des représentations médiatiques des tensions identitaires entre Haïti et la République dominicaine à travers l’analyse des déclarations politiques officielles, des traitements journalistiques et des échanges populaires numériques. Cette analyse du discours tentera alors de contribuer à la tentative de résolution des conflits avec ce cas contemporain dans la Caraïbe.

 

 

 

Abdelhadi BELLACHHAB
ABDELHADI BELLACHAB

 « S’opposer pour se poser : l’univers discursif d’un tueur en série à travers ses correspondances »

Sous-jacentes à toute création de la réalité sociale, les Déclarations, en l’occurrence ici, d’un tueur en série visent à reconstruire un nouvel univers discursif lui conférant une fonction-statut de « personne normale » par opposition à la fonction-statut de « personne hors-norme » ou « anormale » qu’on a voulu lui attribuer au moyen de Déclarations judiciaires et médiatiques. Il s’agit donc d’identifier les dynamiques identitaires qui sous-tendent la volonté d’un tueur en série de se régénérer faisant face ainsi à l’image que l’on a fait de lui institutionnellement (média et justice) ; notre objectif étant de saisir la normativité revendiquée au travers d’une identité reconstruite à partir d’une antinomie apparente, à savoir réduire l’écart entre une identité criminelle et une autre « saine » et, en même temps, s’écarter de l’anormativité des autres criminels.

Afin d’examiner cette identité discursive du tueur en série, nous proposons d’étudier les onze lettres de Robin Gecht (Furio 1998 : 147-174), un tueur en série condamné à 120 ans de prison, et membre du groupe du « Chicago rippers » (Éventreurs de Chicago). Les lettres de Robin Gecht ont été envoyées, entre juin 1997 et avril 1998, à Jennifer Furio, une correspondante qui se dit, dans sa lettre (Furio 1998 : VII-VIII) envoyée à environ une cinquantaine d’incarcérés, intéressée de comprendre ce qui s’est passé à ces condamnés et comment ils se retrouvent en prison.

Séminaires

Compte rendu

 

Préambule

Il a été décidé, lors de la journée de discussion entre doctorant-e-s et professeur-e-s du 7 décembre 2017 précédant le colloque annuel du R2DIP, que nous organiserions des séminaires théoriques reprenant les fondamentaux de l’Analyse de Discours (AD). Partant du constat de nombreux enseignant-chercheurs et enseignantes-chercheuses spécialistes de l’AD qu’il y a un manque croissant de réflexion sur les fondements philosophiques de la discipline, ce qui conduit les jeunes chercheurs et chercheuses à risquer le syncrétisme, il nous a semblé primordial de connaître certaines notions/concepts ainsi que l’histoire des modèles théoriques établis et auxquels nous avons recours aujourd’hui dans nos analyses, afin d’assurer la pérennité de la réflexion épistémologique. L’ambition ou l’objectif de ce projet est de nous former à éviter toute confusion entre les différents courants de l’AD, tout en nous donnant la possibilité de nous inscrire dans la filiation des modèles antérieurs en toute connaissance de leurs implications philosophiques et épistémologiques et en admettant la dimension pluridisciplinaire de l’AD inscrite en Sciences du langage certes, mais en dialogue permanent avec d’autres sciences humaines et sociales, comme la sociologie, l’histoire ou la psychologie.

Organisation pratique du séminaire

Deux séminaires théoriques ont donc été organisés depuis le colloque. Nous avons procédé de la façon suivante. Deux doctorantes, Dieudonné Akpo (laboratoire CoDiRe, Université de Nantes) et Marie Jouan (laboratoire ELLIADD, Université de Besançon) ont sélectionné une série de concepts, d’auteurs et de courants de l’AD à aborder lors de séminaires et ont soumis cette liste au vote des membres du réseau. Voici les liens du questionnaire pour le choix des sujets des premiers séminaires et de ses résultats :
Questionnaire :     https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSc9VHzLU8UDqa9fzJ427K7SsmXcixOitIRkwKhkUESjVaGufQ/viewform
Réponses :    https://docs.google.com/document/d/13eoea7aAAFtLSDWbXnWKnNPoqIfXSpzhS5WB3-E6jz4/edit
Quant au choix de dates de séminaire, il dépend de la validation par le groupe de la date qui a reçu le plus de votes sur un framadate. Suite aux réponses aux questionnaires (thèmes et dates) et à des discussions sur la liste mail du réseau, il a été décidé de réaliser les premiers séminaires suivants :

“La contribution de la théorie de l’idéologie de Louis Althusser (1918-1990) à la constitution de l’Analyse du discours”, par George-Elia Sarfati, le 2 février 2018 ;
“Michel Pêcheux, la problématique et la fondation de l’Analyse du discours”, par George-Elia Sarfati, le 9 mars 2018 ;
« La théorie du discours de Michel Foucault », par George-Elia Sarfati, le 24 mai 2018 ;
« Langue/Discours et Discours/Corpus » par Julien Longhi, 30 novembre 2018.

Éléments de discussion
Le premier séminaire, animé par Georges Elia Sarfati nous a permis de découvrir les travaux de Louis Althusser (1918-1999). Après nous avoir rappelé le contexte historique et social et donné quelques éléments biographiques sur L. Althusser, le Professeur Sarfati a exposé la façon dont L. Althusser s’inscrivait dans la filiation marxiste et se détournait du marxisme orthodoxe en proposant sa Théorie de l’Idéologie. En définissant les Appareils Idéologiques d’Etat (AIE) et les Appareils Répressifs d’Etat (ARE), L. Althusser distingue les institutions qui « fonctionnent à l’idéologie » de celles qui « fonctionnent à la violence », tout en montrant que AIE et ARE sont quasi-inextricables et par conséquent fonctionnent ensemble. S’intéresser aux discours dominants, aux évidences, au « sens commun » comme on peut le faire en Analyse de Discours, c’est s’intéresser à l’idéologie dominante véhiculée dans les AIE. Il est ainsi indispensable de tenir compte de l’intrication entre les conditions réelles d’existence et la « représentation du rapport imaginaire que les individus ont à leurs conditions réelles d’existence », i.e. l’idéologie, pour l’analyser et pour comprendre la façon dont Michel Pêcheux reprend L. Althusser quand il propose une Analyse Automatique du Discours.
Dans cette perspective, le deuxième séminaire, toujours animé par le Professeur Sarfati, nous a précisément permis de faire le lien entre les travaux de L. Althusser et ceux de Michel Pêcheux, un des chercheurs précurseurs de l’école française d’analyse du discours (ADF). Le Professeur Sarfati a présenté les travaux de Pêcheux en mettant l’accent sur sa contribution à la dynamique de la discipline au sein des sciences du langage. Pour cela, il insiste sur des notions phares qu’il a participé à vulgariser telles que la formation discursive (FD), l’interdiscours, l’intradiscours et le préconstruit.
Au cours de ces deux séminaires, le Professeur Sarfati a défendu l’idée que le champ de l’Analyse de Discours n’est pas neutre et ne peut ni ne doit l’être, au risque de « tourner à la caricature » en s’affranchissant dangereusement des fondements philosophiques et socio-politiques qui l’ont forgée.

Par Dieudonné Akpo et Marie Jouan

 

Intégration de Dijon

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Le centre TIL de l’Université de Bourgogne intègre R2DIP !

Interview de Laurent Gautier professeur de linguistique appliquée (langues germaniques) à l’Université de Bourgogne depuis 2013, directeur-adjoint de l’EA 4182 « Centre interlangues Texte Image Langage » et de la Maison des Sciences de l’Homme de Dijon (USR CNRS uB 3516)

 

Chercheur et analyste de discours spécialisés, Laurent Gautier se concentre sur les discours professionnels et institutionnels.
C’est avec l’aide de méthodologies croisées provenant de la linguistique cognitive (sémantique du prototype, sémantique des frames, grammaires de construction, blending), de la linguistique de corpus et de la fouille de données qu’il effectue ses recherches.
Jusqu’à maintenant ce sont la sensorialité, le tourisme, la finance ou encore le droit qui ont été explorés par ce passionné.

 

Pourquoi le centre Interlangues TIL (EA4182) de l’Université de Bourgogne a-t-elle décidé d’intégrer R2DIP ?
Le R2DIP, que j’ai découvert suite à l’invitation de Julien Longhi lors du colloque de décembre 2017 à Cergy, m’a semblé pouvoir entrer en interaction avec l’axe « Modèles et discours » de mon laboratoire, mais aussi en partie avec l’axe « Individu et Nation » où travaillent essentiellement des chercheurs en civilisation.
Le paradigme de l’analyse de discours est en effet partagé par un grand nombre de membres de l’équipe, dans des variantes diverses, et les discours politiques et institutionnels sont au centre des travaux des deux axes. Par ailleurs, j’ai été très impressionné par la place accordée dans le réseau aux doctorants, à leurs interrogations, à leur positionnement méthodologique et épistémologique.
Ayant moi-même plusieurs thèses en cours, le plus souvent en cotutelle ou codirection – car je suis convaincu des apports et approches multiples plutôt que par les esprits d’école ! -, il m’a semblé judicieux de faire profiter nos propres doctorants travaillant sur ces thématiques du R2DIP en tant que réseau de recherche.

 

En quoi R2DIP pourrait être un plus-value pour vous ?
La plus-value essentielle est celle du réseau que j’évoquais précédemment pour les doctorants, mais qui est de toute façon un impératif pour tout chercheur.
La recherche en SHS* a tout à gagner à se développer en équipes, dans des interactions permanentes comme cela est devenu depuis très longtemps la règle dans les sciences expérimentales.
Le R2DIP, en permettant une structuration informelle de chercheurs et de recherche sur ses thématiques, pourrait aussi devenir un interlocuteur privilégié pour répondre à des appels à projets, mettre en place des actions en réseaux, etc…

 

En quoi est-il important d’analyser les discours ?
L’analyse des discours est tout simplement l’analyse d’une grande partie de ce qui nous entoure, de ce à quoi nous sommes confrontés au quotidien : dans les sphères professionnelles, dans les médias, partout.
Énormément de domaines – nous venons de parler du droit, mais c’est la même chose pour la finance – sont avant tout des constructions discursives. Il est donc important d’affiner les outils méthodologiques dont nous disposons pour les analyser et les aborder d’un point de vue critique, pour en « démontrer » le fonctionnement en quelque sorte.
Les bouleversements communicationnels et discursifs induits par la communication numérique en général et les réseaux sociaux en particulier renforcent encore cet impératif.

 

Laurent Gautier et Julien Longhi ont organisé à l’Université de Cergy-Pontoise, la deuxième journée du séminaire tournant de jurilinguistique, Vendredi 30 mars 2018.

Qu’est-ce que la journée jurilinguistique ?
Le séminaire tournant de jurilinguistique est une tentative d’un petit noyau de chercheurs en sciences du langage de lancer un travail et une réflexion systématique et régulière, dans l’espace francophone, et à fortiori en France, sur les liens consubstantiels entre langue et droit, dans la mesure où la recherche française accuse, dans ce domaine, un retard certain par rapports aux travaux menés dans les aires anglo-saxonnes, germaniques ou encore scandinaves.
L’impact devra être double : en termes de recherche fondamentale tout d’abord, en dialogue avec les juristes, mais aussi en termes de formation dans la mesure où les besoins en « jurilinguistes » vont grandissant, en particulier dans les institutions européennes. Cette problématique, souvent réduite à des questions de terminologie et de traduction, est en fait beaucoup plus large et touche des problématiques fondamentalement sémantiques et pragmatiques.

 

Pour conclure, avez vous un message à adresser aux lecteurs ?
Je pense qu’il est important que la linguistique se décloisonne, se rebranche en quelque sorte sur le réel si elle veut être prise au sérieux et reconnue dans l’espace public. Germaniste de formation, je suis encore maintenant frappé par la différence de reconnaissance de la discipline entre les deux pays.
Dans l’espace germanophone, les linguistes sont présents dans l’espace public, ils sont sollicités par la presse dès que des questions touchant à la langue, au discours, etc. se posent.
En France, on a plutôt tendance à se tourner vers des « experts » auto-déclarés dont les analyses sont rarement étayées épistémologiquement ou méthodologiquement.

 

*Sciences Humaines et Sociales